Croire en l'Humain



Rentrée 2014-2015

 

Un été plutôt grisâtre…


L'été aura été, non seulement grisâtre, mais particulièrement agité et la rentrée ne se présente guère sous de meilleurs hospices.

"L'agir, le réagir humain" aura encore réussi à me surprendre en ces temps difficiles. Face à tant de changements qualitatifs de nos vies, confrontés à un quotidien de plus en plus difficile : insécurité, violence, montée de l'intolérance et du fanatisme de tous bords, chômage, dévalorisation des diplômes, pauvreté croissante... Face à la toile (réseaux sociaux) qui permet aux esprits de s'emballer et qui brouille les jugements... Face à l'invasion de la consommation et du profit dans notre société du paraître et dans nos vies, mais aussi face à l'ampleur des phénomènes en jeu: couche d'ozone, déchets nucléaires… j'avoue comprendre, que l'humain en perde ses repères, sa foi et sa patience. Nos réactions sont  l'expression d'une crainte, d'une peur... Mais il ne faudrait pas que les difficultés rencontrées fassent, que la crise, mette à mal le lien social qui est un bien précieux qui nous uni.
Les notions de civisme, de citoyenneté et d'éthique sont fondamentales, elles sont une exigence de plus en plus forte,  il ne faudrait pas que l'affaissement de la moralité et de la responsabilité éthique entraine leur recul.
Rien n'est épargné. Que ce soit concernant l'école ou la cité, la confusion est le trait dominant de la situation.

En tant que personne, nous sommes capables de discernement, de questionnement, de liberté, d'œuvre, de réalisation, d'accomplissement.
La réflexion éthique, nous permet de  délibérer et de justifier des choix. Elle ouvre à la diversité de ce que chacun croit bon et juste, elle demande à chacun d'entre nous un effort de clarification sur ce que nous estimons bon de faire, de nous interroger sur le sens de nos entreprises et de ce qui fonde les projets d'existence de chacun.
Ce que nous sommes en droit de rechercher, c'est  « la vie bonne, avec et pour les autres, dans des institutions justes »
La laïcité, facteur d'unité pour la nation, répond entre autre à deux questions en même temps : celle de l'identité (une mémoire, une histoire commune qui légitime notre lien social ) et celle du pluralisme (coexistence de mémoires, d'identités, de morales différentes sans qu'aucune n'ait de prétention hégémonique). La laïcité républicaine est en même temps une identité commune et un pluralisme.
Or, on assiste au renversement de cette tradition civique de la laïcité. De la faute à qui? A nous tous, du fait du regard négatif que nous pourrions être à même de porter sur l'autre et/ou de luttes identitaires, ouvrant en grand la porte aux mouvements d'extrême-droite, qui doivent leur regain de popularité au détournement des valeurs séculières et égalitaires.
N'oublions pas que l'espace public, un espace public laïc, garanti sous la neutralité du regard de l'Etat est le lieu où l'on peut confronter nos différences et nos similitudes, échanger nos points de vue, tout en donnant la possibilité à chacun de se différencier et ce sont bien nos différences qui font notre richesse.